West Music Club Big Band fête 50 ans de swing




 
© Daniel Demunter




Avec deux ans de retard, le West Music Club big band espère pouvoir bientôt célébrer leur jubilée. Le  West Music Club (WMC) jouera le 13 novembre à 19.30h au Palace d’Ath un concert exceptionnel. Une belle occasion pour interviewer le chef d’orchestre, Richard Rousselet.

Comme avec toutes les chasses au trésor, les infos ne sont pas toujours faciles à trouver. Le WMC et leur chef ont été actifs depuis plus d’un demi-siècle et légendaires, mais le bugliste et trompettiste auto-didacte de Placebo n’était pas à l’aube du WMC.




© Jean Schoubs



D'abord mes félicitations avec le 50ième anniversaire du West Music Club, et à cause du Covid même déjà le 52ième. Cela semble une éternité...

Richard Rousselet : Je ne suis arrivé qu’en 1989; je n’étais donc pas présent à la formation du West Music club. C’est le Président fondateur Robert Vanlerberghe, contrebassiste qui jouait dans des orchestres de danse, qui aimait le big band, qui a décidé, avec l’aide du saxophoniste de Renaix José Plume (le père du trompettiste Serge Plume), de former un big band de jazz. Nous sommes en 1968.


WMC est un des plus anciens big bands de l'Europe ? Comment était la réception en Belgique au début ?

Richard Rousselet : Le West Music Club a connu immédiatement un énorme succès auprès du public. Le tout premier concert se tient à Ath en 1969.


La combinaison du répertoire de - ou inspiré par - Glenn Miller, Duke Ellington, Count Basie semble remarquable. Signalons aussi que ces deux derniers noms causaient chez les fans presque la même rivalité qu'entre ceux des Beatles et des Stones…

Richard Rousselet : Oui, il y avait sans doute une rivalité entre les fans de ces deux orchestres historiques. Mais il faut savoir que, sur le plan humain et musical, le Duke et le Count avaient beaucoup d’affinités et de considération.

Glenn Miller fut la recette magique. Il nous arrive encore de jouer l’un ou l’autre morceau de Glenn Miller, dont l’incontournable ‘In the Mood’. Alors, il faut ajouter deux choses : d’abord, jouer Glenn Miller est délicat et pas facile du tout au niveau des nuances et de la mise en place et, ensuite, je le répète, il y a quelque chose de magique : le public est fasciné par cette musique. C’est très curieux.


© Daniel Demunter


Pourtant, deux ans avant la naissance du WMC, Syd Lawrence fondait son Orchestre (avec entre autre Richard Evans, qui finalement choisirait pour le brass band) inspiré par plus ou moins les mêmes compositeurs (plus le répertoire de Frank Sinatra et Nat King Cole entre autres). Est-ce que ça a aidé à avancer ?

Richard Rousselet : Vous évoquez deux grandes voix : je vous dirai que nous avons eu assez vite des voix dans le band. Et notamment l'extraordinaire chanteuse Doris. Aujourd’hui, nous travaillons avec la merveilleuse Chrystel Wautier et nous avons deux voix masculines, Chris Simon et Jean Van Lint, qui évoquent Frank Sinatra dans un programme qui lui est dédié.


Le Syd Lawrence Orchestra aussi existe encore. Quel est le secret pour maintenir un orchestre à un niveau pendant un demi siècle ?

Richard Rousselet : Pour celui qui dirige un band : avoir du respect pour les musiciens, les intéresser, les étonner, les provoquer, les pousser à aller plus loin et former un groupe humain. L’humain est aussi important que le musical.


Quelles sont vos plus belles mémoires pendant ces 52 ans? Qu'est-ce que le public ne peut pas oublier ?

Richard Rousselet : Chaque concert, chaque enregistrement est considéré comme un événement important. Le public doit sentir qu’on joue pour lui. Mais le dernier CD ‘West Music Club Plays Placebo’ est un très grand moment pour le band.


© Daniel Demunter


Selon le website WMC offre sept programmes assez différents. Pour ce concert de fête, pourra-t-on s'attendre à un best of ou à un mix des programmes ?

Richard Rousselet : Depuis mon arrivée, nous avons enregistré six CD. Ces six CD’s seront évoqués pendant le concert. Il y aura des morceaux de chaque enregistrement, dans l’ordre chronologique.


WMC a vu la lumière du jour même deux ans avant Placebo mais les genres diffèrent complètement...

Richard Rousselet : Nous ne sommes pas seulement un big band des années 30 ou 40. Nos maîtres actuels sont aussi Bob Mintzer, Thad Jones/Mel Lewis Big Band, … 


Ré-écoutant le dernier enregistrement très réussi, 'West Music Club Plays Placebo', le son organique est étonnant. C’est comme si les compositions étaient en premier lieu écrites pour bigband. Je pourrais mentionner 'N.W', mais ça ferait injustice aux autres compositions. Est-ce que les arrangements étaient si faciles à faire que l’atmosphère fait croire ?

Richard Rousselet : Nous avons trois bassistes dont Thomas Pechot qui est aussi un formidable arrangeur. Ce disque, c’est son oeuvre. Evidemment, j’ai été le lien indispensable, puisque j’ai fait partie de Placebo et que je dirige le band. J’ai retranscrit les originaux, j’ai pu lui donner plein de bonnes indications … et il a fait le reste.

Le résultat est vraiment super parce que Thomas connaît chaque musicien de l’orchestre et que son écriture a tenu compte, aussi, de la personnalité des solistes importants de l’orchestre.


Le groupe à été formé avec des musiciens de Renaix et Grammont en Flandre et Tournai et Ath en Wallonie. Cette région, et par extension la région de Courtrai, Lille et Cambrai a toujours aussi eu une longue tradition de harmonies et fanfares. Est-ce que la musique légère ou de variété et le swing ont pu aider l'un l'autre ou devrait-on parler de rivalité ?

Richard Rousselet : De la rivalité positive, sans doute oui, mais dans le bon sens du terme. Ce qui est important, pour un musicien, c’est de jouer en groupe. Le West Music Club est une possibilité de faire autre chose que dans une fanfare ou une harmonie. Je dis bien « autre chose » ; ce n’est pas mieux mais c’est certainement différent.

Pourquoi? Parce que le secret du jazz, c’est le swing ; parce que la richesse du jazz, c’est de permettre aux musiciens de s’exprimer dans les improvisations. Et ça, c’est très précieux.


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Après 52 ans, y a-t-il encore des rêves à réaliser avec WMC ?

Richard Rousselet : Continuer à travailler, le plus régulièrement possible et dans les meilleures conditions, ce qui n’est pas le cas pour l’instant. Espérons. Et on verra.

Texte © Olivier Verhelst  -  photos © Jean Schoubs / Daniel Demunter


Infos sur https://www.westmusicclub.be/


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