Toine Thys: un agenda chargé

Rencontré à l'An Vert, l'atelier d'art et d'essais liégeois, en prélude à un concert avec son ami Guillaume Vierset, Toine Thys se raconte. Il évoque son agenda chargé pour les prochains mois et ses projets d'albums: un musicien à la recherche de rencontres, d'autres cultures, de différents styles musicaux.





Tu as, jusqu'en février de l'année prochaine, un agenda très chargé, avec des formations très différentes: ce qui illustre ta personnalité éclectique et ton goût des rencontres…

J'ai toujours voulu toucher à différents horizons musicaux. Je pense que la musique que je fais, les groupes auxquels je participe, reflètent mes goûts musicaux, par rapport à la musique que j'écoute à la maison, soit plein de styles différents qui me rendent heureux. On peut avoir l'impression qu'il s'agit de choses très différentes. Quand j'ai commencé à donner des concerts et que j'ai monté le projet le plus visible, Rackam qui faisait suite à Take the Duck, je me suis rendu compte qu'il s'agissait de projets différents: les gens étaient un peu perdus, pensant qu'un concert de Toine Thys correspond automatiquement à tel ou tel type de musique. Mais moi, j'aime faire des choses différentes. Je trouve que c'est le rôle d'un artiste de malmener son public, de l'amener là où il ne s'attend pas.

Ici, à l'An Vert, tu disposes de ce créneau "Toine Thys invite…": comment choisis-tu tes invités?

Jo et Nadine m'ont proposé de donner quatre concerts cette saison. Ils m'ont suggéré d'inviter des musiciens liégeois, dans des formules en duo. Cette idée m'a plu. J'aime bien venir à Liège et c'était un prétexte pour venir encore plus souvent. J'ai fait des jams avec beaucoup de musiciens. J'ai réfléchi à cette formule du duo parce que cette formule est spéciale: on doit compter sur soi mais aussi sur l'autre. J'ai toujours eu envie de jouer avec Guillaume Vierset: c'était un choix facile. J'ai écouté plusieurs de ses projets que j'ai trouvés très beaux.


D'autre part, Sacha Toorop est un vieil ami. J'ai joué sur ses disques, il y a presque 15 ans. On s'est toujours bien entendu, même si on n'est pas dans le même circuit. C'était l'occasion de le retrouver, de faire quelque chose de dingue à deux.

J'ai aussi invité Alain Deval: c'est le projet le plus aventureux. C'est lui que je connaissais le moins des quatre et puis c'est un batteur. Un duo saxophone-batterie pour jouer pendant deux heures, c'est un peu incongru comme formule. Mais Alain fait beaucoup d'électronique, c'est la moitié de sa musique et moi, j'essaie d'en faire de plus en plus. On est parti sur cette idée là. C'est le concert qui va demander le plus de préparation.

Le quatrième lascar, c'est Quentin Liégeois, un ami avec qui j'ai déjà joué régulièrement plusieurs fois par an, depuis dix ou quinze ans. C'est l'invité qui peut sembler le plus logique, parce que c'est un grand guitariste de jazz, qui joue beaucoup de standards. On pourrait venir sans répéter, alors qu'avec Alain Deval ou un chanteur comme Sacha, il faut vraiment qu'on invente, qu'on se mette d'accord sur les deux heures de musique. Quentin, je vais aussi le retrouver en quartet en janvier à Bruxelles.

Demain samedi, c'est une vraie journée marathon, avec trois concerts successifs…

Oui, d'abord, ce quartet avec deux musiciens français, à 18 h. à la Jazz Station: je présente le quartet Orlando, un titre de roman de Virginia Woolf, avec un personnage très intrigant qui, en échange de privilèges, s'engage à rester jeune et immortel. Ce qui, au départ, paraît séduisant mais cela devient un véritable enfer. Par ailleurs, Orlando c'est le nom d'une ville américaine. Je suis content que tu évoques ce projet. Orlando est vraiment un des mes nouveaux grands projets sur lequel je travaille depuis un an. J'ai beaucoup voyagé en France ces dernières années, je suis allé, des semaines et des semaines, à Paris pour rencontrer des gens, découvrir la scène, avoir de nouvelles idées. Pour le moment, j'ai retenu deux musiciens: le contrebassiste Florent Nisse et Maxime Sanchez, un pianiste incroyable. Et pour compléter la formation, mon vieux copain Antoine Pierre qui fait bien le lien entre tout cela.

Florent Nisse et Maxime Sanchez ont un parcours très intéressant: le premier a poursuivi ses études au Conservatoire de Paris, dans la classe de Ricardo Del Fra, le second, issu aussi du Conservatoire de Paris, a très vite intégré le Pandémonium de François Jeanneau…

C'est vrai mais il n'y a pas que leur CV d'école, ils travaillent beaucoup tous les deux, ils sont demandés par les meilleurs en France: David Enhco ou Sylvain Rifflet. Ils ont un chouette groupe qui s'appelle Flash Pig et un quintet avec Chris Cheek. Ils jouent quasiment tous les jours, dans de petites ou de grandes salles. Ils jouent avec des gens célèbres: Maxime joue, par exemple, avec Magic Malik. C'est lui qui a été choisi pour représenter la France au Concours Thelonious Monk du piano. C'est un des meilleurs pianistes de sa génération, il a un côté très virtuose, très subtil dans l'harmonie. Dans son jeu, il y a du Keith Jarrett des années '70 qu'on n'entend pas beaucoup. Il a aussi un côté un peu funky: c'est un musicien qui me passionne. Orlando est un projet qui démarre. En mai prochain, on a une tournée, on va enregistrer un album pour Igloo. Cela fait deux ans qu'on chipote à coup de trois ou quatre concerts par an. Maintenant on va réellement démarrer.

Avec quel répertoire?

Essentiellement ma musique, une musique plus complexe, qui comporte des challenges rythmiques, qui conviennent bien à Antoine et le mettent à l'épreuve. Il y a des compositions inspirées par la musique des Balkans: j'ai fait des stages en Transylvanie avec des violonistes tziganes qui m'ont montré des trucs incroyables. J'aimerais bien les appliquer, les mettre en vie dans ma musique. Ce n'est pas du jazz des Balkans, mais il y a des éléments.


Le deuxième rendez-vous de la journée, c'est un concert avec Zouratié Kone, chanteur et joueur de balafon…

Oui, mais aussi de n'goni, une sorte de kora, et de tama, ce qu'en anglais on appelle le talking drum: un tambour à deux peaux tendues par des cordelettes qu'on presse à l'aide du bras pour en modifier la sonorité. Zouratié est un des maîtres du tama au Burkina Faso et, comme tous les griots, il joue de tous ces instruments. Je joue beaucoup avec lui à Bruxelles, deux à trois fois par mois.

Je vais le retrouver aussi en décembre et en janvier. On est en train de mettre sur pied une grande formule dans laquelle j'assure un peu la direction artistique. Lui est un vrai griot qui vient d'un village proche de Ouagadougou. Il ne sait pas écrire ni lire, son père lui expliquait que, pour être musicien, ce n'était pas nécessaire. Il fallait surtout apprendre à jouer. On l'a envoyé chez des maîtres au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Mali pour étudier les différents styles musicaux mais, par contre, il n'est jamais allé à l'école. C'est quelqu'un qui, au début, parlait très mal le français mais on est vraiment devenu des amis, même si on est des mais de peu de mots.

C'est quelqu'un que j'aime bien. C'est important pour moi parce que la relation humaine que j'ai avec les musiciens est très importante comme point de départ pour faire de la musique après. J'ai pas mal de dates avec lui, il commence à être connu en Belgique: il va jouer dans le prochain groupe de Tutu Puoane, la chanteuse sud-africaine qui habite Anvers, une formation avec mon frère Nicolas à la contrebasse. Une anecdote à ce propos: Nic se retrouve en voiture avec Zouratié, c'était la première fois qu'ils se rencontraient pour répéter à Anvers. Nic parle des musiciens qu'il connaît et dit: "Toine, c'est mon frère". Et Zouratié répond: "Moi aussi." Dans l'esprit africain, je suis son frère.


Dans l'ensemble dont tu parlais, il y a Laurent Blondiau?

Oui, il y a Laurent. Avec Laurent, on a une histoire africaine ensemble: on a monté une école d'instruments à vent au Burkina Faso: les Ventistes du Faso. Laurent s'intègre très bien dans le projet avec Zouratié: il adore cette musique.

Troisième concert de ce samedi, un Tribute to Bob Marley…

C'est le batteur Bilou Doneux qui organise cela depuis des années. Il réunit plein de bons musiciens pour rendre hommage à la musique de Bob Marley et c'est souvent l'occasion de bons solos: c'est chouette de jouer cette musique-là. Donc je joue à 18 h. à la Jazz Station, à 21 h. au café Béguin et la troisième partie, c'est une fête privée, une fête rouandaise. On prévoit le premier set à 1 heure du matin et le second vers 3 heures. C'est une grosses soirée.

Toujours en novembre, tu vas ensuite retrouver Ihab Radwan, l'oudiste d'origine égyptienne avec lequel tu es venu deux fois ici à l'An Vert…

Oui, pour ces concerts à Bruxelles, on jouera en duo mais, plus tard, en mars prochain et durant l'été, on va jouer avec Annemie Osborne au violoncelle et Simon Leleu aux percussions. On va enregistrer un album. C'est un nouveau projet pour lequel je me réjouis.

Tu connais l'album Doux Désirs d'Ihab?

Oui, avec Michel Godard, tuba et serpent, un très beau disque sur lequel Ihab joue certaines compositions qu'on a jouées ensemble. C'est une façon de se rencontrer, de jouer ce que l'un ou l'autre a déjà écrit auparavant mais maintenant on va travailler sur un nouveau répertoire à deux, même si on cite l'une ou l'autre composition de lui ou moi qui existait auparavant. On a plein d'idées, on a travaillé une semaine, cet été, à Montpellier où Ihab vit. Je suis allé le voir en août et on a commencé à travailler ce nouveau répertoire.


Comment l'avais-tu rencontré?

C'est triste à dire, mais c'est sur internet. J'avais entendu parler de lui. Il y a deux ans, j'ai eu une série de concerts tous les mois, à Bruxelles, au Cercle des Voyageurs. J'avais une carte blanche et j'ai invité des musiciens de différents pays et notamment Ihab. On avait joué un jeudi à Bruxelles puis le vendredi, ici à l'An Vert: tu avais d'ailleurs assisté à cette rencontre. J'ai trouvé le musicien fantastique, très aventureux et, en outre, quelqu'un de vraiment charmant: c'est un vrai plaisir de travailler avec lui: on se comprend très bien.

Avec Ihab, tu vas aller en Arabie Saoudite…

Oui, on va jouer pour l'"anecdote". C'est mon concert le mieux payé de l'année: on va jouer 15 minutes.

Toujours en décembre, tu vas jouer en Bulgarie avec ton trio…

Oui, pendant deux jours à Sofia, avec Arno Krijger à l'orgue et le Canadien Karl Jannuska à la batterie. Et par la suite, nous aurons une série de concerts, en Ecosse puis au Kenya, avec, en invité, Hervé Samb à la guitare. Avant d'étudier la musique, je me suis passionné pour la géographie. C'est quelque chose qui m'a toujours intéressé: le voyage, découvrir de nouveaux paysages, de nouvelles sociétés. Je saute toujours sur l'occasion quand il y a possibilité d'aller jouer à l'étranger, présenter ma musique, rencontrer des gens, voir comment ils réagissent à ma musique. J'adore échanger, c'est quelque chose qui me rend très heureux. Mais c'est compliqué de voyager avec ce trio: il faut un orgue Hammond, c'est difficile à transporter ou à trouver sur place. Par exemple, on est allé jouer en Albanie cet été, il n'y avait pas d'orgue Hammond sur place, de notre côté, on n'avait pas pu en amener un, on a dû recourir à un substitut. On a eu des problèmes avec les hôtels, on a dû développer mille et un stratagèmes pour le faire passer. Cette fois-ci, en Bulgarie, l'ambassade belge contribue et loue un orgue sur place: c'est le grand luxe.


En décembre, tu vas aussi jouer en solo à Gand…

Je n'ai jamais fait cela, c'est la première fois. Il a fallu 20 ans pour que je le fasse. Je suis en train de noter, dans un petit calpin, mes idées musicales grâce auxquelles je pourrai jouer une quarantaine de minutes.

En janvier, tu repars au Burkina Faso…

Oui, pour les Ventistes du Faso. Après avoir joué plusieurs fois en Afrique de l'Ouest, avec mon ami Laurent Blondiau, de nombreux élèves, trompettistes ou saxophonistes, venaient nous trouver pour obtenir des infos, des conseils. Alors, de manière naturelle, des workshops se sont mis sur pied alors qu'on ne les avait pas prévus. Il y a une vraie demande là-bas, particulièrement d'instruments à vent. On a monté un partenariat avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, on a créé une école à Ouagadougou. On y est allé une quinzaine de fois, une semaine à dix jours chaque fois. On est arrivé à de beaux résultats. On arrive en fin de contrat avec la Fédération: on va y retourner encore une ou deux fois, sceller les derniers boulons et leur souhaiter bon vent. C'est un très beau projet. Du coup, je me suis un peu spécialisé là dedans, les gens m'appellent pour cela, et Laurent aussi. Je suis allé donner cours à Kinshasa et, récemment, à Lubumbashi en RDC. On parle d'aller au Bénin, au Gabon ou au Sénégal. Ce sont des choses potentiellement réalisables. On a un grand amour pour cette musique africaine, on commence à comprendre quelques clés de la société qui sont bonnes à connaître quand on essaie de monter une école ou un projet là-bas.

Tu joues aussi avec Bram Weijters, au sein de Crazy Men…

L'inspiration de Bram, c'est le jazz rock des années '70. Cet été on a joué dans un festival. Le groupe comprend notamment Sam Vloemans à la trompette, qui joue superbement, et, au baryton,Vincent Brijs qui fait partie du Jazz Station Big Band. Et puis, il y a Steven Cassiers, à la batterie, avec qui j'ai joué auparavant, au sein de Rackam. Moi, je suis francophone, alors qu'on m'a souvent pris pour un néerlandophone. J'ai une grande sympathie pour les musiciens flamands, j'ai appris le néerlandais en étudiant la musique en Hollande. J'ai beaucoup joué avec des Flamands, je trouve que ce sont de bons musiciens.


Autre orientation différente, c'est DERvISH…

C'est pour cela que les gens se perdent un peu parfois. Ce groupe n'a rien à voir avec le reste, c'est une autre musique, qui s'inspire de la musique électronique: je continue à travailler ces effets électroniques sur le saxophone et j'ai choisi des musiciens qui sont à l'aise dans cette musique-là comme Dries Laheye du groupe Stuff à la basse et, à la batterie, Patrick Dorcean qui joue avec Reggie Washington. A Verviers, en février, il y aura David Thomaere aux claviers. C'est aussi une musique qui s'adresse à un public différent, qui a rarement plus de 25 ans.

En février, tu vas aussi donner une série de concerts avec le trio…

Oui, avec, en invité, le guitariste Hervé Samb, des concerts en Belgique, à Edimbourg et au Kénya. On fait une partie de la tournée avec Arno Krijger et une autre avec l'Américain Sam Yahel, dans le cadre de la présentation de l'album avec Sam que j'ai rencontré à New York, une aventure aussi. Cet album a été enregistré à New York et sortira sur le label Igloo, normalement en janvier. Avec Karl Jannuska, nous sommes partis à New York pour retrouver Sam pendant deux jours et demi et enregistrer. C'était épique. . C'est contacté Sam au téléphone: c'est u type très sympa, un musicien incroyable qui a croisé Joshua Redman, Bill Frisell mais aussi Norah Jones. C'est une belle rencontre. Je me réjouis de l'avoir pendant huit jours en Europe. C'est un plaisir de passer du temps avec lui. Nous aurons huit concerts, à Paris, Amsterdam, Bruxelles, Liège, Namur et Anvers. Au fond, c'est une période bien remplie, je m'en rends compte en faisant l'interview.




Concerts (en Belgique):


13 décembre 2018: solo, Gand, Opatuur
15 décembre 2018: Zouratié Kone, Bruxelles, Toukoul
17 janvier 2019: quartet avec Quentin Liégeois, Bruxelles, Caveau du Max
18 janvier 2019: duo avec Alain Deval, Liège, L'An Vert
19 janvier 2019: Zouratié Kone, Bruxelles, Toukoul
29 janvier 2019: Crazy Men, avec Bram Weijters, CC Diest
2 février 2019: Zouratié Kone, Bruxelles, Toukoul
3 février 2019: Olivier Collette Septet, Ittre, Heptone
6 février 2019: DERvISH, Conservatoire de Verviers
23 février 2019: Trio avec Sam Yahel + Hervé Samb, Bruxelles, Bozar
24 février 2019: Trio avec Sam Yahel + Hervé Samb, Liège, L'An Vert
26 février 2019: Trio avec Sam Yahel + Hervé Samb, Bruxelles, Conservatoire
28 février 2019: Trio avec Sam Yahel + Hervé Samb, Anvers, Rataplan.


Propos recueillis par Claude Loxhay (novembre 2018) – photos © Robert Hansenne
Article publié sur jazzaroundmag


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