Jacques Stotzem : nouvel album en solo. Rencontre





Folk, Blues, jazz, rock… on vous dit inclassable, ça vous convient ?

Pourquoi pas ? ça ne me dérange pas de ne pas avoir une étiquette précise par rapport à ce que je fais. Quelque part, ça ressemble à ma démarche musicale. Je dis souvent que j’aime l’instrument que je joue, la guitare acoustique, mais que la musique ne doit pas avoir de barrière de genre. C’est vrai que j’aime à la fois ce qui vient du folk, du blues, qui est de toute façon très important pour moi parce que c’est le blues qui m’a donné envie de jouer de la guitare. Le rock aussi, tous mes guitaristes préférés sont issus de ce milieu rock et blues, ce qui fait que ma musique est difficilement classable. Ça correspond à mon parcours musical qui a toujours été un mélange de genres.


Quels sont les noms qui vous ont donné envie de choisir l’instrument ?

Au niveau des guitaristes qui m’ont donné envie de commencer la guitare, je citerai Steve Grossman, américain qui a été élève de Gary Davis qui a lui-même rencontré pas mal de légendes du blues. Il s’est placé en porte-parole de ces légendes. J’ai découvert le blues acoustique rural grâce à Steve Grossman, le blues des années 20, Robert Johnson ou Big Bill Broonzy, le révérend Gary Davis… Ces gens m’ont dirigé vers la technique du fingerpicking. Des grands noms du blues acoustique. Un peu plus tard, il y a eu Marcel Dadi qui a été vraiment aussi un élément essentiel car c’est lui qui en Europe a eu l’idée de sortir les premiers disques avec les fameuses tablatures, ça tombait à pic parce que les partitions, les transcriptions étaient difficiles à obtenir à l’époque. J’ai commencé la guitare quand j’avais 16 ans. Pour le fingerpicking, je citerais aussi Mel Travis, plutôt country mais il y avait aussi beaucoup de reminiscences  des vieux bluesmen. J’écoutais aussi de la musique plus rock, principalement mes deux guitaristes favoris Rory Gallagher et Jimi Hendrix. Ce sont ces deux influences-là qui m’ont donné envie un jour, il y a dix ans, de sortir le premier album « Catch The Spirit » dans lequel j’ai arrangé pour la guitare acoustique des classiques du rock.



Quel est le défi de jouer en acoustique des morceaux très électriques ?

Ça représente d’abord du plaisir. C’est un challenge parce que ce sont des morceaux qui n’ont pas été écrits pour la guitare acoustique, c’est de là d’ailleurs que venait le titre des deux albums « Catch The Spirit » : en fait, je ne voulais pas seulement reproduire une mélodie ou une grille d’accords d’un morceau qui me parle, j’essayais d’être le plus proche possible de l’énergie de Rory Gallagher.  J’ai dû imaginer pas mal de choses avec ma guitare acoustique qui sortaient des sentiers battus. On ne pense pas le jeu de la guitare acoustique comme celui de la guitare électrique, donc j’ai dû trouver des jeux de basse pour redonner un caractère rock à quelque chose joué à la guitare acoustique. Ça m’a aussi dirigé vers d’autres voies, un élément qui m’a inspiré pour d’autres morceaux. Ça c’est pour l’aspect technique, mais il y a un deuxième aspect que je voudrais évoquer, c’est vouloir que la guitare acoustique chante vraiment. Pas mal de morceaux que j’ai arrangés sur ces trois albums-là (« Catch The Spirit », « Rory ») étaient à l’origine joués par un group mais aussi chantés. J’ai essayé de calquer le jeu de guitare en fonction de la voix de l’enregistrement original. Je suis vraiment content de l’avoir fait parce que dans les meilleurs compliments que j’ai reçus ce sont les gens qui disent qu’ils entendent la voix de Rory Gallagher, c’est vraiment ça que je voulais rendre.


Vos deux albums les plus récents sont formés de compositions personnelles.

Le fait de composer est essentiel. Je suis très attaché au fait de jouer en public, je ne pourrais pas imaginer ma vie de musiciens sans en concerts. J’ai la chance d’en donner beaucoup et de beaucoup voyager. Dans ma démarche de musicien, quand on va sur scène, le partage est essentiel et il est important d’avoir cet aspect de la composition, c’est là qu’on s’exprime au mieux et qu’il y a un vrai partage. Tous mes morceaux ont un lien avec quelque chose de banal ou de très personnel dans l’inspiration. Grâce à la musique instrumentale, le titre du morceau est là, la raison pour laquelle je l’ai composé existe, mais la façon dont les gens l’interprète est importante. Les gens sont souvent pris dans un univers musical et c’est ce que je trouve important.



En concert, vous jouez surtout votre dernier album ?

L’actualité est là puisque mon dernier album date d’octobre, il y a donc des morceaux du nouvel album. Mais pour moi, le concert reste une succession de dynamiques. Quand on est seul sur scène avec une guitare acoustique, la dynamique est très importante et c’est ce qui tient le public dans le répertoire. C’est important de maintenir l’attention dans un concert instrumental. Mon dernier album est constitué d’un répertoire de ballades, mais je ne peux faire un concert uniquement sur ce modèle, la dynamique ne sera pas équilibrée. Il y a des clins d’œil de « Catch The Spirit », toujours avec le souci de diversité d’un répertoire.

Texte © Jean-Pierre Goffin  -  photos © Robert Hansenne



Vient de sortir : Places We Have Been



Concerts 2020 :

Eupen les 29 février et 1er mars (avec strings)
Boussu (centre culturel) le 27 mars
Namur, (La Houppe)  le 28 mars  
Neustadt (Allemagne) le 14 mars
Reutlingen le 19 mars
Schwaig (Nürnberg) le 20 mars


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