Ivan Paduart - Ear We Are






Ivan, lors d’une rencontre à la sortie de « hand in hand », tu disais que vous aviez une quarantaine de dates de concerts en duo Patrick Deltenre et toi et que ce sera inspirant pour la suite. Ça a été le cas visiblement avec ce deuxième album.

En fait, on a eu plus de quatre-vingts dates, c’est en effet un espace d’inspiration pour de nouvelles compositions.


Ce nouveau disque en duo découle de ces concerts. 

Tout à fait. Ce projet est un peu un challenge car j’adore jouer avec une rythmique et ici on est un peu sur le fil, il n’y a pas cette espèce de cadre solide sur lequel on peut s’appuyer, on doit l’inventer nous-même, ce qui est encore plus « challenging ». Je pense pouvoir dire qu’avec ce duo, c’est une des périodes de ma vie où j’ai le plus progressé. Avec une rythmique, on a une zone de confort appréciable, alors qu’ici on doit prendre des risques. Autre chose est qu’on a ici deux instruments harmoniques et il faut vraiment veiller à ne pas marcher sur les plates-bandes de l’autre, on essaie toujours de trouver des espaces complémentaires. On joue parfois le thème à l’unisson, parfois à une voix, il n’y a pas de systématisme, il faut créer une diversité de climat dans les thèmes.


Une diversité qui vient de vos univers différents.

Patrick et moi on n’a pas tout à fait le même univers musical, lui a fait beaucoup de variétés, son approche des compositions est différente, plus simple, et ceci n’est pas péjoratif. Ce que j’essaie de faire, c’est de donner une singularité à la musique, de l’envelopper dans des écrins harmoniques un peu plus fouillés. C’est cette chimie de deux univers différents qui donne cette couleur intéressante.


La façon de composer est aussi différente du premier disque.

Sur le premier album, les compositions se répartissaient en équilibre entre Patrick et moi. Ici, il y a beaucoup de morceaux que nous avons composé ensemble, c’est nouveau. Cet album-ci a été plus préparé, plus travaillé que le précédent. Le premier, on a un peu travaillé sur « les fonds de tiroirs » en reprenant des choses qu’on avait composées il y a parfois des années, seul deux morceaux avaient vraiment été composés pour l’album. Ici, on a travaillé dans l’esprit de ce qu’on a vécu en concert, ce qui rend la démarche plus intègre dans le sens où tout ce qu’on a répété, joué sur scène était dans l’optique de ce nouvel album. La crainte de tout compositeur c’est de se redire, de lire qu’un journaliste ou un ami te dise que tu as déjà fait ça il y a vingt ans. Quand tu es confronté à l’exercice de la co-composition, il y a moins de risque de tomber dans ce travers parce que l’autre t’envoie une autre image, te pousse dans d’autres sentiers, j’ai l’impression qu’on se renouvèle plus.


Dans les notes du livret, tu parles de quelqu’un d’important pour la réalisation de « Ear we Are », peux-tu nous parler de Jean-Didier Boucau ?

C’est pour nous un ange gardien. On a fait une série de concerts en duo il y a quelques années et Jean-Didier est venu à un de ces concerts. A la fin, il m’a demandé de venir chez lui, il nous avait vu il y a environ trente ans dans « Aftertouch » dont il retrouvait la connivence dans notre duo. Il m’a alors dit qu’on devrait faire un disque, mais je lui ai expliqué que c’était de plus en plus compliqué avec le téléchargement, deezer, et des labels de plus en plus frileux… Peu après dans un mail, il nous a proposé de soutenir le projet. Il nous a enlevé de la tête tous les problèmes qui sont énergivores dans le contexte de la création, c’était hyper-précieux. On a ainsi pris le temps de mettre le projet parfaitement au point en studio avec tout ce que cela implique au niveau technique. Jean-Didier a été aussi très important par son sens critique, dans le bon sens du terme, il tenait un peu le rôle de directeur artistique, tous ses conseils était avisés.


Et tu reviens chez IGLOO.

Je suis très content de refaire un album pour IGLOO, c’est le cinquième, il y a eu ceux avec Richard Galliano, Charlie Mariano


Dans les deux albums, il y a un beau mélange de genres.

Dans les deux albums, il y a en effet. « Jaydee » est blues, « Tomorrow » c’est une valse, « Lianes » sur le premier album est carrément bebop… Dans les deux albums il y a un équilibre. Plus que jamais je suis attiré par le métissage, c’est un horizon devenu inévitable, je pense que les puristes se mettent sur une voie de garage. J’ai par exemple énormément de plaisir de jouer avec Quentin Dujardin, un musicien très inspirant qui fait des choses que Patrick ne fait pas et vice versa, j’ai besoin de m’ouvrir à des horizons le plus larges possible.


En dehors du duo, d’autres projets te tiennent à cœur ?

Il y a toujours un gap entre les projets dont on rêve et ceux qu’on réalise. J’accompagne de temps en temps une chanteuse scandinave qui s’appelle Sinne Eeg, j’attends la possibilité de faire un projet avec elle, une très belle voix dans la tradition du jazz mais avec un côté scandinave qui me plait beaucoup, sans trop de vibrato. Je rêve de rejouer avec le Metropole Orchestra, avec Michel Herr qui a été mon professeur et qui est un ami aujourd’hui. Je joue encore avec « Steps Tribe », un tribut à « Steps Ahead » avec Fabrice Alleman entre autres, et Theo de Jong, un bassiste que j’adore, sur scène il sautille tout le temps. On a aussi un projet en quartet avec un quatuor à cordes.

Propos recueillis par Jean-Pierre Goffin  -  photos © Jeanschoubs
Une collaboration avec jazzaround/Jazz'halo




Ivan Paduart / Patrick Deltenre en concert :

Le Théâtre 140, Bruxelles, le 27 octobre 2020

"Ear We Are" est sortie chez IGLOO Records


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