Emmanuel Baily: dix ans de Wang Wei





Dix ans après un premier album sorti sur le label Homerecords, le groupe Wang Wei revient sur le devant de la scène avec un concert à la Cité Miroir de Liège, le 14 février. Retour sur cette aventure avec son fondateur, Emmanuel Baily, qui évoque aussi ses autres projets.


Tu seras en concert le 14 février à la Cité Miroir: une façon de célébrer le 10e anniversaire du quartet Wang Wei?

Est-ce qu'on célèbre un anniversaire? D'une certaine façon, oui. On reprend des concerts vraiment pour se faire plaisir, effectivement dix ans après le premier album. Dans la foulée, nous avions enregistré avec le chanteur André Borbé, mais plutôt pour un jeune public. Ici, on part d'un nouveau répertoire, de nouveaux arrangements. Par la suite, il devrait y avoir un concert à Louvain.


Pourquoi avoir choisi cet artiste chinois, poète et peintre, comme nom du groupe?

A l'époque où j'habitais Bruxelles, je connaissais un couple d'amis artistes, l'un graveur, l'autre peintre. Ils avaient un livre de François Cheng de l'Académie française, un traité sur Le Vide et le Plein, en l'occurrence sur la peinture. Je l'ai feuilleté puis j'ai trouvé un autre livre de Cheng: une manière d'aborder l'écriture poétique chinoise, soit une longue histoire dont une des figures marquantes est Wang Wei du huitième siècle, qui est à la fois poète, peintre et calligraphe, qui a écrit de courts poèmes. Or, j'avais envie, à cette époque, de composer et, pour cela, de partir des images suggérées par ces textes.





Tu es allé en Asie plusieurs fois à l'invitation de la Fondation Asie-Europe, une première fois avec Fabrizio Cassol en 2007, la deuxième avec Wang Wei...

Oui, par l'intermédiaire de Fabrizio Cassol qui était prêt à soutenir ma candidature pour un projet en Chine réunissant musique et danse d'Asie.  J'ai rentré un dossier qui a été accepté: Fabrizio était conseiller artistique pour ce projet. Cela a débouché sur un voyage fabuleux, trois semaines de rencontres, de voyages à travers la Chine, notamment au Sud, près de la frontière vietnamienne, à la découverte de différentes minorités. Une façon de réfléchir sur la création musicale et chorégraphique, un processus artistique en compagnie de personnes venant de la danse ou de la musique contemporaine comme Fabrizio. J'ai pu découvrir des artistes venant des îles Féroé, d'Angleterre ou de Malaisie. En Chine, j'ai aussi participé à un projet initié par une danseuse malaisienne. Par la suite, je suis allé à Bangkok en 2009-2010 et, comme j'étais musicien responsable de ce projet réunissant danse et musique, j'ai proposé d'y aller avec Wang Wei.


Comment as-tu choisi les musiciens pour Wang Wei: à partir de rencontres au Conservatoire de Liège?

A côté de mes professeurs d'instruments, je dois ma formation musicale à la fois à Garrett List, Michel Massot, Jean-Pierre Peuvion, Georges-Elie Octors, François Deppe et Fabrizio Cassol, tous ont un dénominateur commun: le Conservatoire de Liège. Or Marine et Laurent Meunier ont suivi le même cursus: je les ai choisis tout naturellement. Quant à Xavier Rogé, je l'ai découvert à la Soundstation de Jonfosse, avec Aka Moon. En première partie, il y avait Funk Sinatra de Manu Louis. J'avais déjà entendu Aka Moon plusieurs fois à Bruxelles, au Kaai mais, cette fois-là à Liège, Stéphane Galland était remplacé par un jeune batteur: Xavier Rogé. Il m'a impressionné. J'ai trouvé que, par sa créativité, sa polyrythmie, il était le batteur idéal pour Wang Wei.


Tu incarnes parfaitement l'esprit de décloisonnement du Conservatoire de Liège...

Il est sûr que le Conservatoire m'a permis d'avoir une grosse expérience musicale, une grande ouverture d'esprit du point de vue esthétique. Je ne pouvais rêver mieux. A côté de l'étude de la guitare, j'ai pratiqué l'improvisation avec Garrett List, la musique de chambre avec Jean-Pierre Peuvion, la musique contemporaine avec Georges-Elie Octors et François Deppe. J'ai ainsi connu des surprises sonores plus larges que le jazz stricto sensu ou la musique classique, avec une vraie réflexion sur le langage musical.


Quel sera le répertoire à la Cité Miroir?

Le répertoire sera constitué de nouvelles compositions, de nouveaux arrangements. A la différence du concert donné au Pelzer Jazz Club en septembre dernier, on joue dans une grande salle, pour un public qui vient de partout. Le public de la Cité Miroir y vient pour de l'art contemporain, des expos de photos, des conférences. C'est un public plus large que celui du jazz. Il faut donc adapter la musique en fonction de ce public éclectique, pouvoir naviguer entre plusieurs styles, qu'on aime le jazz, la pop ou la musique contemporaine. Avec Wang Wei, on navigue entre plusieurs styles. J'aime retravailler le répertoire, ne pas reproduire la même musique à chaque occasion. Il n'y aura pas deux sets comme dans un club de jazz. A côté de toutes nouvelles compositions, j'ai écrit de nouveaux arrangements pour Au monastère de Po-Shan et Visite au moine, deux compositions du premier album. On espère trouver un moyen de permettre au public de lire, par exemple sur un programme, les poèmes présentés, pour que le public se retrouve dans la même dynamique que celle qui  m'a animé. On reprendra aussi Rythmes de Syrie que j'avais composé avec l'oudiste Khaled Aljaramani pour le projet Vaisseau d'Or, un projet avec 11 musiciens. Il y aura aussi une démarcation de Bossa d'hiver, composé pour l'album Night Stork.





Y a-t-il un projet d'album dans la foulée?

On n'a pas de projet d'album dans l'immédiat. L'idée est de faire de beaux concerts, d'apporter des nouveautés, comme cela avait été le cas pour Vaisseau d'Or, dont on a, malgré tout, gardé une trace puisque le concert au Festival d'Art de Huy a été enregistré par la RTBF. On pourra toujours envisager d'enregistrer après avoir peaufiné le répertoire au fil des concerts en public et alors d'accueillir des invités. L'objectif premier est de profiter de la qualité du moment.


As-tu, en parallèle, d'autres projets?

Je suis invité par la chanteuse d'origine marocaine Laila Amezian. On aura un concert au 140, à Bruxelles, en avril, puis, en août, au Festival d'Art de Huy, en compagnie de Fabian Fiorini et d'un quatuor à cordes: oud, violon, violoncelle et moi à la guitare. Le 4 avril, je serai à l'An Vert, à Liège, pour la sortie de l'album Truite arc en ciel, un projet de chansons initié par Jean-François Foliez, en tant que chanteur. Je suis aussi invité par Stephan Pougin, pour sa carte blanche, en septembre au Marni, en trio avec Johan Dupond et, en septembre, je retrouverai aussi Kind of Pink. Quel que soit le projet, je veux rester le plus créatif possible.



Propos recueillis par Claude Loxhay  -  photos © Robert Hansenne

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