Arnaud Ghys - Portraits in Jazz





ARP2 Editions



Le jazz, c’est aussi l’image et de ce point de vue, la Belgique a connu et connait encore aujourd’hui des photographes qui laissent des témoignages de qualité : les regrettés Jos L. Knaepen, Jacques Joris, Robert Huysecom, et ceux qu’on rencontre souvent en front de scène ou ailleurs comme Robert Hansenne, Jacky Lepage, Didier Wagner, Dominique Houcmant dit « Goldo » et d’autres… Arnaud Ghys fait partie de ces capteurs d’instants.

Il sort un superbe livre – on dirait plutôt « album » vu le format – de 21 photos soigneusement choisies, comme des tableaux – Nic Thys est comme sorti d’un tableau du Caravage – qui traduisent l’amour du photographe pour le jazz. Il nous parle de son parcours, de son livre et plus particulièrement de trois photos choisies par mes soins.


De la sociologie à la photographie

La photo m’a toujours plu, mais j’en ai d’abord fait en dilettante, tout en ayant déjà le souci de bien cadrer. Je travaillais dans l’associatif, je faisais du plaidoyer politique, c’est défendre les valeurs de l’association en faisant des argumentaires pour convaincre à la fois le grand public et les décideurs politiques. C’était quelque chose qui me correspondait bien, mais j’ai approché le burnout à un moment donné, puis mon père est décédé à cette période. J’ai alors décidé de faire une pause tout en restant actif, j’ai décidé de suivre des cours à l’école de photo de la ville de Bruxelles.

Au fur et à mesure que j’en faisais, je me suis dit que ce serait magnifique d’en faire un métier, tout en étant conscient que ce ne serait pas facile. Au départ c’est la photo sociale qui m’a tenté, la photo classique des années 50-60, c’est sans doute pour ça qu’aujourd’hui dans mes travaux personnels, je continue à faire du noir et blanc. J’ai travaillé sur des commandes pour associations, pour entreprises… . En parallèle, j’ai continué à travailler sur des projets personnels, et être sociologue fait, je pense, que j’avais une approche un peu différente.


La rencontre entre musique et photo

La musique a toujours fait partie de ma vie, j’en écoute tous les jours. Le jazz est venu un peu plus tard. Il se fait que j’ai habité tout près du « Sounds » à Ixelles. J’y allais régulièrement aux concerts, ça me plaisait. C’est plus tard que je me suis mis à collectionner les vinyls, à lire des livres sur le jazz.

La rencontre entre le jazz et la photo, c’est à Mazy dans un petit club de jazz : une amie, Valérie Defrène, a repris la programmation et m’a proposé de faire une exposition. J’ai eu des retours positifs. J’ai ensuite eu des contacts avec deux personnes qui s’occupent d’un programme qui s’appelle « La Chambre Verte » et je leur ai proposé de les accompagner pour leur fournir des visuels, c’était une forme de win-win. Là aussi les retours des musiciens ont été positifs, certains m’ont commandé des photos pour l’intérieur de leurs albums, notamment les photos de studio du deuxième album d’URBEX. J’adore être dans cette ambiance de création, de présence des musiciens.


Nic Thys

Il y a beaucoup de clair-obscur, j’aime ça et c’est en même temps lié aux conditions objectives de lumière des concerts. Nic Thys a un charisme, une gueule qui contribue à la force de l’image. C’est une photo prise lors d’une séquence de La Chambre Verte. J’ai plus de liberté de mouvements dans cette situation que lors de concerts où c’est silencieux, les gens ne bougent pas, les musiciens sont concentrés, du coup se déplacer dans ces conditions c’est vite prendre le risque d’ennuyer les gens, parfois rien que le bruit du déclenchement est dérangeant.

Le fait de prendre photos hors concert, c’est avoir une marge de manœuvre plus grande. Après, il est clair que dans l’intensité du concert, il peut se passer des choses qui ne se passent pas lors du soundcheck. Dans la série des photos choisies pour le livre, il n’y a pas de moments d’explosion, à part la photo de Théo Ceccaldi où il s’agit plus d’un climax. La plupart du temps, ce sont des images d’introspection, de concentration, un peu comme une pleine conscience, le moment où ils sont vraiment habités par le jazz.  C’est un peu le fil rouge de la série du livre.


Chris Joris

C’est aussi une photo en soundcheck. En photographie, il y a une figure tutélaire, Cartier-Bresson, qui se réfère souvent à un bouquin sur l’art du tir à l’arc, et Chris Joris utilise ici un instrument qui ressemble à un arc. De nouveau, il ne s’agit pas d’un moment de tension, mais de concentration.

C’est un des musiciens qui m’a retourné lorsque je l’ai vu pour la première fois au « Sounds ». Il y avait une énergie incroyable. A la fin du concert, il est descendu dans la salle pour taper sur les chaises, sur les tables, ça avait un côté spectacle total qui m’avait impressionné. Je le trouve très touchant.


Archie Shepp

Archie Shepp c’est un des Dieux de l’Olympe, le rencontrer je n’y croyais pas beaucoup. C’est une nouvelle fois une rencontre avec les copains de La Chambre Verte. Pour les interviews, il y avait la RTBF, la VRT et La Chambre Verte et on est passé en dernier lieu… Pour le même prix, Archie Shepp aurait pu nous dire qu’il était fatigué et laisser tomber, mais au lieu de ça, on l’a eu pendant 45 minutes pour nous… Il faut dire que les amis de La Chambre Verte sont tous les deux dans la psychiatrie et il y a du coup une qualité d’écoute différente pour les musiciens.

On a rencontré Archie dans son hôtel avant le concert à Flagey, on a été soufflé de son humilité, à la fin de l‘interview, c’est lui qui nous a remercié, il nous a signé des albums, il a compris qu’on était de vrais fans. Ce n’est pas un hasard si j’ai mis cette photo à la fin du livre parce qu’il regarde à gauche, plutôt comme quelqu’un qui regarde vers le passé, vers les photos qui précèdent. C’est un petit moment d’autosatisfaction par rapport à la série qui précède.


Le format du livre

Comme je suis collectionneur de vinyls, j’aimais l’idée de faire un livre qu’on pourrait coincer dans sa collection de disques. Je suis aussi un grand lecteur de liner notes, l’idée était aussi de rappeler ça graphiquement notamment par la typographie choisie pas par hasard. C’est un peu rappeler toute cette esthétique du 33trs.

La mise en page est très dépouillée, quelque chose qui respire. On a d’abord essayé en plaçant une photo sur chaque page, mais on a trouvé qu’elles se parasitaient, qu’il ne fallait rien sur la page d’en face pour ne pas troubler la concentration.

« Portraits in Jazz », Arnaud Ghys avec des textes de Daniel Sotiaux et Eddy Vannerom
ARP2 Editions: 25,00 €


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Expositions à venir

janvier 2021 Flagey
avril 2021 Tournai Jazz festival
mai 2021 Mithra Jazz à Liège
juillet 2021 Dinant Jazz
août 2021 Gaume Jazz (à confirmer)
septembre 2021 Marni


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Texte © Jean-Pierre Goffin  -  photos © Arnaud Ghys
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