Adam O’Farrill : entretien avant la tournée de Random House







Avec un grand-père compositeur, un père pianiste et leader d’un orchestre latin-jazz, une mère pianiste classique et un frère batteur, Adam O’Farrill pouvait difficilement échapper au virus de la musique et du jazz en particulier. Il fait partie de l’orchestre de son père, accompagne Rudresh Mahanthappa, Mary Halvorson, Mulatu Astatke et bien d’autres, avant de sortir un premier cd personnel et d’être élu « rising star » en 2019 par le magazine DownBeat. Lors d’un séjour à New York, Thomas Champagne est tombé sous le charme de ce trompettiste à suivre. Entretien avant une tournée belge dont vous trouverez les dates ci-dessous.


Adam, vous vous présentez comme un « multi racial trumpeter ». Vous pouvez expliquer ?

Je suis d’une famille dont les membres viennent de différents endroits. Mon père et sa mère étaient mexicains, son père était cubain-irlandais, le père de ma mère était afro-américain, et sa mère était polonaise-lituanienne. A la base, ce terme de trompettiste multiracial signifie que je ne suis pas vraiment attaché à une chose, que ce soit personnellement ou artistiquement.

Est-ce peut-être une raison qui fait que vous trouvez des affinités avec des musiciens européens ?

Oui absolument. Je suis né et j’ai grandi à New York où on rencontre énormément de monde, mais je sens que j’ai grandi en me mêlant le plus souvent avec des gens qui ne sont pas de New York.


Comment s’est passé la rencontre avec Thomas Champagne ? (note : ne sachant pas comment prononcer le nom de Thomas, je l’ai prononcé en anglais comme celui du divin breuvage, ce qui a fait rire Adam : « J’ai cru que son nom était en fait un surnom » dit-il.)

Thomas est venu un jour à un gig que je jouais dans un club, j’y jouais avec Stephan Crump, le contrebassiste, Ellery Eskelin était au saxophone. On ne s’est pas vraiment beaucoup parlé à cette occasion, mais il m’a envoyé un message pour m’inviter à Bruxelles et nous sommes vite devenus amis partageant des bières à Bruxelles… J’étais déjà venu à Bruxelles, j’y avais joué au « Walter » avec le batteur Raf Vertessen.

Thomas a à la fois été attiré par votre énergie et aussi par votre côté humain ; qu’est ce qui vous a plu chez lui ?

Thomas est « high hearted », il rit beaucoup, il est facilement excité par quelque chose, enthousiaste, il aime explorer de nouvelles choses, partager des expériences, il veille à ce que tout le monde prenne du bon temps sans se prendre trop au sérieux.

Qu’est ce qui pourrait faire la différence entre un musicien américain et un européen ?

Je pense qu’il n’y a rien en particulier, il y a un côté mystérieux, sans doute, mais vous savez on a un peu ce sentiment aussi quand on rencontre des musiciens américains qui viennent d’autre états. Et en Belgique qui est tout de même un petit pays, on rencontre des musiciens qui viennent de partout. C’est un peu réductif de se demander comment sonne un musicien français, un musicien portugais… Il y a tellement de choses qui se passent particulièrement dans des pays comme l’Allemagne ou l’Espagne, des pays où il y a tant de différences entre les régions. J’ai beaucoup circulé en Europe et musicalement, on y rencontre tant de choses différentes.

Il y a deux compositions à vous sur l’album. Ont-elles été composées spécialement pour le projet ?

Ce sont deux compositions que j’avais déjà écrites, totalement différentes l’une de l’autre : la première pleine d’énergie et de swing, la seconde sans solo, plus atmosphérique, j’aime changer le type d’énergie d’un morceau à l’autre, essayer des formes différentes comme ici avec des solos ou l’autre sens. Je n’ai rien changé, j’ai choisi des morceaux qui n’avaient pas été enregistrés avant et qui ont trouvé tout de suite leur identité avec ce groupe.

Jouer avec un guitariste et non un pianiste change-t-il quelque chose dans votre approche du jeu ?

Cela dépend, j’ai joué aussi avec Mary Halvorson. C’est évidemment très différent. Quand je joue avec une guitare, je ne peux entendre la musique avec un piano et l’inverse est vrai aussi. C’est quelque chose qui transforme totalement le paysage.


Une audience belge ou européenne est-elle différente des Etats-Unis ?

Un peu… Je ne sais pas vraiment, je dirais que c’est au cas par cas… J’ai eu pas mal d’expériences de publics en Europe, enthousiastes ou non, attentifs ou non, ça a surtout à voir avec le type de lieu où vous jouez. Je préfère clairement les petits lieux, c’est plus facile de se connecter au public.

Vous voyez une suite à ce projet ?

Je serais heureux que ce projet se poursuive, nous nous connaissons mieux, on pourrait écrire de nouveaux morceaux.

Propos recueillis par Jean-Pierre Goffin  -  photos © Arnaud Ghys
Une collaboration Jazz'halo / JazzMania

 



Les concerts à venir :

Hnita Jazz Club, Heist-op-den-Berg, le 21 septembre 2021
Pelzer’s Jazz Club, Liège, le 22 septembre 2021
Flagey, Ixelles, le 24 septembre 2021
Maison de la laïcité, Soignies, le 25 septembre 2021
L’An Vert, Liège, le 11 février 2022


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