Pierre Bertrand - Far East Suite

Pierre Bertrand - Far East Suite

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Cristal Records

Far East Suite est une œuvre écrite, en 1964, par Duke Ellington en collaboration avec Billy Strayhorn, en souvenir d'une tournée au Moyen Orient et au Japon exécutée en 1963, en pleine guerre froide et écourtée suite à l'assassinat de John Kennedy.

Cette suite comprend 9 titres qui illustrent chacun une étape du périple en Orient: Tourist point of view (Damas et son souk), Minah (l' iseau bleu de Delhi), Isfahan (la pièce la plus connue évoquant la Perse antique), Depk (un mariage à Amman), Mount Harissa (les environs de Beyrouth), Blue Pepper (le poivre d'Inde du Sud), Agra (la ville du Taj Mahal), Amad (Bagdad) et Ad Lib on Nippon (12 minutes consacrées au Japon). Cette œuvre a été écrite pour un orchestre de 15 musiciens: 4 trompettes, 3 trombones, cinq saxophones et une rythmique.

Le saxophoniste français Pierre Bertrand en propose une tout autre version pour une formation de neuf musiciens. Diplômé des Conservatoires de Nice et Paris, Pierre Bertrand a fondé, avec le trompettiste Nicolas Folmer, le Paris Jazz Big Band en 1998 (albums Mediterraneo, A suivre, Paris 24 heures), un orchestre auquel ont participé Eric Legnini et Phil Abraham. Arrangeur pour André Ceccarelli comme Claude Nougaro, Pierre Bernard a fondé le groupe Caja Negra mêlant jazz, flamenco et musique métissée. Après l'album Caja Negra de 2010, Joy a obtenu une Victoire de la Musique.

Pour sa relecture de l'œuvre de Duke, dont il signe tous les arrangements, Pierre Bernard a rassemblé, autour de lui, une équipe qui assure un bel équilibre entre saxophone ténor, soprano ou flûte alto, piano, voix, cordes (guitare acoustique et violoncelle) et percussions foisonnantes.

Au piano, Alfio Origlio qui a côtoyé Sylvain Luc ou Aldo Romano et enregistré plusieurs albums personnels (Wings and Notes, Acqua). A la contrebasse, Jérôme Regard, membre du Paris Jazz Big Band et compagnon de route de Bob Mintzer, Manu Codjia ou Jan Garbarek.

A la guitare acoustique, mais aussi à l'oud et au saz (luth à long manche), Louis Winsberg, fondateur dans les années '80 du groupe Sixun, avec Jean-Pierre Como et Paco Sery, puis leader d'un trio et du groupe Jaleo mêlant jazz et flamenco, une formation dont plusieurs membres font partie du nonet réuni ici. A la voix, Paloma Pradal qui a signé l'album solo Rabia et Sabrina Romero, chanteuse flamenco faisant partie de Jaleo.

Au violoncelle, Pierre François Dufour qui se partage entre musique classique et jazz avec Stefano Di Battista et Sylvain Luc. Enfin, assise colorée du groupe, deux multi-percussionnistes. D'une part, l'Argentin Minimo Garay, fondateur des Tambours du Sud mais aussi du quartet Cordoba Reunion avec le saxophoniste Javier Girotto (souvenir d'un mémorable concert au club Pelzer, avec une émouvante composition dédiée aux "mères de la place de Mai") mais aussi batteur choisi par Dee Dee Bridgewater. On l'entend ici à la batterie, au cajón (caisse en bois du flamenco), au bombo leguero (grosse caisse d'Amérique du Sud), au zarb (tambour d'Iran) et au davul (tambour turc).

D'autre part, Stéphane Edouard, né en France mais d'une famille originaire du Sud de l'Inde et membre de Jaleo. Maître des tablas, on l'entend aussi au zarb, bendir (tambour du Maghreb), riq (tambourin du Moyen Orient) et dholak (tambour d'inde du Nord).

Pierre Bertrand, lui qui qualifie Duke de "maître des couleurs", a su transfigurer cette suite d'inspiration orientalisante de manière très originale. Virevoltant entre saxophone ténor fiévreux (Tourist Point of view, la pièce la plus "enlevée" de l'album avec tablas et cajón ou Amad sur fond de cajón et bendir), soprano volubile (Minah sur fond de tablas et cajón, Depk avec dholak, Blue Pepper en dialogue avec les voix) ou flûte alto suave, en dialogue avec le violoncelle (la superbe mélodie d'Isfahan, Agra avec tablas et zarb) ou en alternance avec le ténor puis le soprano pour les 12 minutes d'Ad lib on Nippon. Pierre Bernard a su aussi distiller des espaces solos pour le piano (Isfahan, Blue Pepper), la guitare acoustique (Mount Harissa, Ad lib on Nippon) ou le violoncelle (Amad), toujours en parfait équilibre avec le saxophone ou la flûte.

Un vrai travail d'orfèvre.

© Claude Loxhay


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