L'Orchestre du Lion et ses Connexions urbaines...

un parcours de 35 ans qui perdure.


Le Collectif fondé par le Liégeois Michel Debrulle avait fêté ses 30 ans d'existence avec la parution du livre "Sur la Piste du Collectif du Lion: une aventure plus que musicale". Dans le prolongement, pour célébrer ses 35 ans, en voici la meilleure des illustrations possibles: un album anthologie, avec un orchestre de 12 musiciens plus 4 chanteurs, tous issus des groupes majeurs du Collectif et avec un répertoire qui témoigne de ses activités pluridisciplinaires. L'occasion aussi de fêter les 40 ans d'existence du label Igloo qui a produit les premiers albums du Collectif.

Rencontre avec Michel Debrulle, la cheville ouvrière du projet, et Pierre Bernard, le principal arrangeur du répertoire choisi.



Comment est né ce projet?

M.Debrulle: Il se fait que le festival Connexions urbaines de la Ville de Liège nous a proposé une carte blanche, comme tous les deux ans. En 2012, on a fait la création du spectacle de rue  Sous les Pavés; en 2014, celle d'Odyssée 14 et, en 2016, on a proposé de faire un "Best of" du Collectif du Lion, déjà avec l'idée de reprendre une série de morceaux qui se prêtaient à de tels arrangements pour une grande formation. On a choisi avec Pierre des morceaux qui se prêtaient à de tels arrangements. On devait faire la création en plein air. Mais, c'était une époque où il y a eu des orages terribles pendant une semaine et la Ville, le jour même du concert, n'a pas osé prendre le risque de nous faire jouer à l'extérieur: on s'est rapatrié sur le Reflektor, juste derrière la scène en plein air.

C'est le point de départ de l'Orchestre du Lion. Après, quand Igloo, à l'occasion des 40 ans du label, nous a reproposé de faire un enregistrement, j'ai suggéré le "Best of", en leur précisant que c'était un projet commercialement abordable et qui avait une grande puissance: on avait eu beaucoup de plaisir à le faire, les vidéos en témoignaient. J'ai souligné que c'était dans la continuité du livre: une espèce de version musicale de l'ouvrage puisqu'on repartait des morceaux des différents groupes qui avaient enregistré pour Igloo.

Au départ, on avait, par exemple, repris un morceau de Trio Bravo: on ne l'a pas gardé sur le disque mais on le joue en concert. Le plus vieux morceau, c'est Anus Mundi du groupe Glasnotes, avec un texte de Thierry Devillers,  jusqu'à des morceaux actuels, avec l'idée de mettre sur scène un peu toutes les générations du Collectif. Pour terminer là-dessus, on n'allait pas appeler cela "Best of du Collectif du Lion": c'est plutôt ringard comme titre. Je me suis souvenu de l'Orchestre du Lion du temps de Garrett List, je lui ai donc demandé s'il était d'accord qu'on reprenne cette appellation. Le nom de l'album Connexions urbaines vient, quant à lui, du titre du festival qui est au départ du projet: une sorte de dédicace à ce festival qui, depuis 2012,avec des moyens conséquents, nous permet de créer des projets interdisciplinaires.

Cet album est une vraie création, pas un "best of" au sens traditionnel, soit la reprise pure et simple de morceaux enregistrés sur les précédents disques...

P. Bernard: Beaucoup de morceaux avaient été enregistrés mais ont été réarrangés pour un orchestre de 12 musiciens et 4 chanteurs. Le matériel de départ existait mais il y a eu un important travail d'adaptation: c'est donc une création originale.

M.Debrule: C'est Pierre qui a fait 90 pourcents des arrangements. Il y a juste deux morceaux qu'il n'a pas arrangés: A la Campagne arrangé par Laurent Dehors et MMM de Babelouze adapté par Michel Massot. En concert, on joue encore d'autres morceaux arrangés par Pierre.


Au niveau des arrangements, le travail était très important: passer des trois musiciens de Trio Grande ou des sept de Rêve d'Eléphant Orchestra à une formation des 12 musiciens... Tu disposais là d'une large palette sonore...

P.B.: Oui, c'est très agréable d'avoir une telle palette sonore: quatre cuivres, trois saxophones, flûte, clarinettes, guitare, trois percussionnistes, sans compter la cornemuse de Laurent Dehors. Je ne suis pas habitué à écrire pour une formation aussi large, c'est très intéressant d'en faire l'expérience. On a eu des répétitions, j'ai donc pu tester les orchestrations, les ajuster. On a aussi choisi des morceaux qui se prêtaient à cette orchestration. Par exemple, Kakouline joué par Trio Grande avait fait l'objet d'un arrangement pour Tous Dehors (album Dentiste), il ne faut pas faire grand chose pour que ça sonne, il ne faut pas rajouter trop de choses, ce qui abîmerait le morceau. Pour d'autres, il fallait trouver un habillage spécifique.

Il s'agissait aussi de prévoir des espaces pour les solistes, notamment différents de la version originale. Par exemple, pour Kakouline, c'est Adrien Lambinet qui prend le solo et non pas Michel Massot...

P.B.: Il y a une forme de répartition des solos de l'album, ce qui nécessite des choix à ce niveau-là. Et puis, c'est plus intéressant de ne pas donner le même rôle aux musiciens qui ont enregistré la version originale, de changer de soliste.

M.D.: C'est une volonté de redistribuer les rôles d'abord pour se différencier de la version originale et aussi parce que changer de soliste amène le morceau ailleurs.

On retrouve les musiciens des principaux groupes actuels, Trio Grande, Rêve d'Eléphant Orchestra, Silver Rat Band mais aussi Adrien Lambinet qui a participé au projet Procès Brancusi...

M.D.: C'est exact mais Adrien a aussi participé au projet Aux Ames etc, une forme de cabaret présenté notamment à La Halte.

P.B.: D'autre part, quand on a fait la création du "Best of" au Reflektor, il y avait un problème de date pour Michel Massot et, pour le trombone, on a fait appel à Adrien. ici, on les retrouve tous les deux, avec toujours Véronique Laurent à l'euphonium.

Au niveau du choix des titres, certains sont repris à des albums existants, d'autres non, comme Anus Mundi de Glasnotes, jamais enregistré...

M.D.: Oui, on a juste des maquettes. On voulait rendre justice à ce groupe qui a connu une histoire d'une tristesse absolue parce qu'on n'a pas enregistré ses compositions, si ce n'est un 45 tours. En réécoutant les maquettes, il y avait l'un ou l'autre morceau qui possédait déjà un arrangements potentiel. C'est devenu une évidence de prendre une composition de Glasnotes. Pour Trio Bravo, c'était plus difficile d'imaginer un arrangement pour grande formation. Si on remonte vraiment au début du projet, le but était de choisir des morceaux sur lesquels les gens auraient envie de danser en les écoutant, avoir un côté "festif", même si je n'aime pas trop ce mot. Au départ, on devait jouer ce répertoire en plein air et on le refera en plein air au mois de juin prochain.

Plusieurs morceaux reflètent les différentes activités pluridisciplinaire du Collectif, comme le thème repris au projet Procès Brancusi...

M.D.: Can your bird sing? est un blues. Je me suis dit qu'il y avait là un slow,  un morceau plus lent. Le choix a été dicté aussi par l'envie de passer à travers différentes activités du Collectif. Une performance à caractère théâtrale pour Brancusi. MMM, morceau joué par Babelouze, la fanfare de Michel Massot, a été repris pour le spectacle de rue Un Eléphant dans la ville. A la campagne a été repris pour Sous les pavés. Trafic en galaxie de Rêve d'Eléphant  faisait partie de la musique du spectacle de danse Lobster Caravan sur une chorégraphie de Thomas Hauert. On aurait aussi voulu choisir un morceau d'Animus Anima mais Nicolas Ankoudinoff, présent pour le Best of, n'était pas libre, ni pour les répétitions, ni pour l'enregistrement.

P.B.: Il a fallu faire des choix et essayer de donner un échantillonnage relativement varié des différentes activités du Collectif durant toutes ces années.

 


On touche aussi à tous les styles musicaux...

M.D.: C'est un risque de perdre des auditeurs, disant que ça part dans tous les sens ou, au contraire, d'en gagner. Jusqu'à présent, on a eu des retours plutôt positifs: un voyage au travers duquel on passe à travers les styles mais avec une couleur spécifique.

P.B.: Il reste une unité dans l'album, on ne passe pas d'un groupe à un autre: il y a une unité dans la diversité. En fait, quand on écoute l'album,  le deuxième morceau apporte une surprise par rapport au premier et le troisième en est une autre mais en gardant une même couleur d'ensemble.

On passe, par exemple, d'une énergie rock avec la guitare de Nicolas Duchêne à la musique traditionnelle pour À la Campagne, avec la cornemuse de Laurent Dehors et le groupe qui sonne comme un bagad breton avec tambours et bombardes...

P.B.: Pour A la Campagne, il y a plusieurs cornemuses, le violon de Véronique Delmelle, les anches, les cuivres et les percussions.

M.D.: On avait l'envie d'aller vers un public plus large, sans renier les précédentes productions où on est plus "jazz": le but est de créer une sorte de fête, d'avoir une énergie fédérative.

Mais cela, tout en gardant un aspect social, voire politique comme avec Here I am, avec Adrien Sezuba et David Hernandez...

M.D.: Oui, le morceau est né de la rencontre d'Adrien avec un migrant. Cela correspond à sa sensibilité, en tant qu'étranger en Belgique. Dans le LP de Silver Rat Band, il y a aussi un morceau qui s'appelle Transmigrant: c'est le hasard. On ne s'est pas dit: "On va choisir un thème politique." Mais cet aspect social se retrouve aussi dans Anus Mundi qui évoque l'apartheid.

L'album incarne, après un long passage au sein du label brugeois WERF de Rik Bevernage, un retour chez Igloo, le label des débuts...

M.D.: Igloo a d'abord produit les LP du Collectif du Lion, le quartet avec Pierre Vaiana, de Baklava, Trio Bravo puis les cédés de la Grande Formation, Bathyscaphe ou le premier album de Trio Grande. J'avais déjà proposé, au comité d'écoute, l'Ami Terrien avec François Laurent puisqu'ils ont un label de chanson française mais le projet n'a pas été retenu. Après, j'ai envoyé les vidéos de la captation au Reflektor. Ils sont revenus vers nous à l'occasion de leur 40e anniversaire. Ils ont dû réfléchir à l'histoire du label et ont vu qu'il y avait plein de productions du Collectif du Lion de 1984 jusqu'en 92. J'ai insisté auprès de Daniel Sotiaux et Christine Jotard sur ne projet-là, parce que c'était un projet fédérateur qui mêle plusieurs générations de musiciens. On a tous les quotas sur ce disque-là pour être dans une vraie pluralité. C'était aussi la suite du livre: revenir sur les différentes époques du Collectif. Ca leur a plu, que ce soit au niveau des musiques ou de la play list mais aussi sur le fait qu'on enregistre, au niveau prise de son et mixage, avec Christine Verschoren qui fait partie intégrante de l'équipe depuis longtemps. Et puis, le Collectif venait avec d'autres coproducteurs: financièrement, ce n'était pas un projet exorbitant: il y a Play Right +, la Ville et la Province de Liège qui apportent leur contribution. C'est un projet équilibré. Ils ont accepté aussi qu'on réalise le cover et le livret avec Lucas Racasse et son studio, comme pour le livre. C'est assez simple comme collaboration.

P.B.: C'est intéressant d'avoir une grande formation, les grands groupes vivent difficilement: ce sont des projets porteurs.

En dehors de la musique,l'album est aussi un bel objet. On se plaint de voir la vente de cédés diminuer. Si on veut contrecarrer le phénomène, il faut que, à l'inverse du minimalisme de certaines productions actuelles, l'album apporte un plus, grâce aux photos et au texte du livret qui détaille ici toutes les compositions, leur origine, leur histoire...

M.D.: On a soigné cet aspect-là par rapport au projet. On avait un lay out de 16 pages. Myriam a passé du temps à soigner les textes, à donner des informations précises sur chaque morceau et, avec Lucas Racasse et son studio, il y a un échange qui ne date pas d'hier: on a travaillé avec eux sur beaucoup d'albums et sur le livre. Pour Odyssée 14, il y a aussi un livret détaillé. Comme tu dis, c'est important de bien préciser l'historicité des choses, de bien citer les gens pour que les auditeurs puissent comprendre le pourquoi et le comment.

P.B.: D'autant plus que c'est un projet qui est représentatif d'une longue histoire: il faut qu'on puisse avoir accès à la genèse du projet. Un album, ce n'est pas une simple succession de morceaux isolés: c'est un trajet.

M.D.: Au départ du projet du Best of, c'est Myriam qui a proposé le projet. Quand Connexions urbaines nous a recontactés en 2016, j'avais un tout autre projet et je pense que je me trompais: ce n'était pas le bon moment ni le bon endroit. C'est Myriam, parce qu'elle a participé au livre, qui a trouvé qu'il fallait faire quelque chose avec tout le monde. Ce n'est pas moi qui ai eu l'idée, c'est Myriam. On est content de cette idée-là parce que c'est très gai de se retrouver à plusieurs: Laurent Duchêne qui joue avec Laurent Dehors, c'est génial, comme Adrien Sezuba qui chante avec David Hernandez.

P.B.: On est heureux de se retrouver ensemble: on n'a pas tellement l'occasion de baigner dans le son comme cela.

 


Au niveau concert, il y a d'abord la sortie de l'album au Théâtre 140 de Bruxelles...

M.D.: En fait, on a un partenariat avec le 140 qui nous propose un événement par an, l'an dernier pour Rêve d'Eléphant; cette année, le 28 mars, avec ce projet-ci. Ensuite, le 2 juin, on est à Liège pour le festival Connexions urbaines. Comme il y a eu un petit goût de trop peu en 2016 à cause des intempéries, on nous a proposé de reprendre ce projet d'Orchestre du Lion à deux niveaux, de refaire le projet en plein air mais avec une implication du public. On fera deux concerts, un à 16 heures, l'autre à 18h45, sur la Place derrière le Trianon. Pour chaque concert, il y aura une chorégraphe, avec des assistants. A 16h., c'est Dominique Duszynski, avec qui on a collaboré pour Un éléphant dans la ville, et, à 18h45, Anne-Lore Backland. A 16 h., on aura une collaboration avec une école de danse, la Danse School du Boulevard de la Sauvenière et, à 18h45, avec Bal Spécial qui travaille avec des enfants et avec qui on a déjà beaucoup collaboré: il y a un vrai lien par rapport au Collectif. A un moment donné dans le parcours du concert, on va s'arrêter pendant un quart d'heure. La chorégraphe, à l'aide des musiciens, va apprendre au public une chorégraphie simple et, après un quart d'heure, on joue le morceau et les gens dansent. Les deux fois, il y aura ce moment participatif avec une chorégraphie travaillée. Le nom de l'album est une dédicace à ce festival qui nous a aidés à créer Sous les pavés et Odyssée 14. Chaque fois, ces projets n'ont pas été des one shot. C'est un hommage à la création, ce qui est de plus en plus difficile pour obtenir des budgets suffisants pour qu'i y ait des répétitions.

P.B.: C'est aussi un travail de studio assez lourd.

M.D.: C'est quand même un gros budget si on veut un peu défrayer les musiciens pour les répétitions et, au niveau de l'enregistrement, que ce soit les musiciens, l'ingénieur du son, le mastering, le lay out. C'est des budgets qui grimpent vite.

As-tu déjà contacté des festivals?

M.D.: Très franchement, non. On a été pris beaucoup par le contrat programme, par le timing: il fallait que les répétitions et l'enregistrement se déroulent pendant les vacances de Noël parce que beaucoup de musiciens donnent cours dans des académies ou des conservatoires. Noël, c'est la meilleure période à condition de ne pas vouloir partir aux sports d'hiver (rires). La date du 28 mars est aussi arrivée très vite. On s'est dit qu'on allait attendre les premiers articles. Les programmateurs sont surchargés. On attend les retours pour contacter les festivals. On va déjà au Bremen JazzAhead! et je me dis que le projet pourrait intéresser des festivals comme le Middelheim et le Gaume ou le BSF de Bruxelles pour sa diversité.

La prochaine étape, c'est de composer un répertoire entièrement original...

M.D.: C'est aussi une façon de provoquer Igloo pour un deuxième album (rires). On s'est dit: "On a formé cet Orchestre du Lion et on a envie qu'il y ait une vraie vie". Comme tu l'avais souligné dans le livre, au sein du Collectif, on a des projets qui perdurent. L'orchestre constitue un vrai potentiel pour les musiciens du Collectif: "Est-ce que je n'essayerais pas de composer pour cet orchestre?" Et pourquoi pas d'autres à l'extérieur. En même temps, c'est une orchestration tellement particulière qu'il faut pouvoir la gérer.

P.B.: C'est bien pour cela qu'il faut avoir une structure comme le Collectif parce que les projets prévus comme one shot au départ ont ici la possibilité de vivre. On ne savait pas qu'on allait faire l'Orchestre du Lion en faisant le Best of. En faisant cet album, on se rend compte que cette formation pourrait avoir une longue vie: les perspectives sont ouvertes.


Concerts:

28 mars 2018, Bruxelles, Théâtre 140
2 juin 2018, Liège, Festival Connexions urbaines, Outremeuse


L'Orchestre:

Pierre Bernard (fl)
Michel Debrulle (perc)
Clément Dechambre (sax)
Nicolas Dechêne (g)
Laurent Dehors (sax, cl, cornemuse, guimbarde)
Véronique Delmelle (sax, vl)
Thierry Devillers (voc)
Jean-Paul Estiévenart (tp)
David Hernandez (voc)
Adrien Lambinet (tb)
François Laurent (voc)
Véronique Laurent (euph)
Michel Massot (tb, sousaphone euph)
Etienne Plumer (perc)
Stephan Pougin (perc)
Adrien Sezuba (voc).


Texte © Claude Loxhay  -  photos © Robert Hansenne

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